Télémoustique (Septembre 96)

Sandra Bullock calme le jeu.

Article paru dans le Télémoustique du 12 Septembre 1996, n° 3685
Rencontre : Pascal Stevens.

Il a suffi d'un film, " Speed " pour que Sandra Bullock traverse à toute vitesse la galaxie Hollywoodienne. De deux autres - " Traque sur Internet " et " L'amour à tout prix " - pour la couronner. Et d'un échec, " Stolen Hearts " , pour calmer le jeu. D'ici peu, elle sera à l'affiche du " Droit de tuer ". Un film douloureusement d'actualité, puisqu'on y parle du viol d'un enfant. Un crime qui la touche profondément et qu'à sa manière, elle tente de combattre.

D'ici peu, Sandra Bullock sera en tête d'affiche de A Time to Kill , traduit par Le droit de tuer. Un film à procès où pourtant, elle n'apparaît que peu de temps. Et dans un second rôle. Elle y incarne une étudiante en droit qui pend aux basques d'un jeune et brillant avocat (l'excellent Matthew McConaughey) chargé de défendre un père de famille dont la petite fille a été violée, et qui a fait justice. Un procès qui se déroule dans une ambiance houleuse : si les violeurs étaient blancs, l'accusé, lui, est noir. Et dans cette ville du Sud des Etats-Unis flotte encore une odeur palpable, de racisme primaire. Dans ce contexte, la recherche d'une justice équitable a tôt fait de passer par le procès de la discrimination elle-même...

Généralement pétillante, survoltée et naturelle, Sandra Bullock s'y montre concernée, soucieuse et dramatique. Un changement de registre, et un risque certain pour celle qui, tout un temps, fut considérée comme la belle-fille la plus charmante d'une Amérique toujours en quête de nouvelles fées hollywoodiennes. Un Hollywood conquis par son sourire et sa vivacité, suffisamment pour lui accorder un salaire princier (Bullock est la troisième actrice la mieux payée du circuit, après Demi Moore et Julia Roberts): six millions de Dollars pour cinq semaines de travail sur Le droit de tuer. La même somme empochée par John Grisham, le romancier le plus coté du moment, pour qu'il lâche les droits de son livre sue lequel le film est basé.

Si elle a l'intention de mettre la pédale douce, cette année encore, Sandra aura néanmoins enchaîné les films. Elle a ainsi achevé le tournage de In Love and War, de Richard Attenborough, et enregistré la voix de la soeur de Moïse dans Le prince d'Egypte, un long métrage d'animation produit par Spielberg et inspiré de l'épisode Biblique de la captivité des Hébreux. Elle s'apprête également à tourner dans Kate and Leopold, une comédie romantique, avant d'embrayer sur Speed 2, cette fois, sans Keanu Reeves (" il a choisi de faire les choses différemment, quitte à refuser des sommes énormes. Pourquoi pas, je trouve cette attitude fort honorable"). Enfin, début '97, sortira Lost Paradise, un petit film qu'elle a tourné en 1991, resté inedit à ce jour, avec, en toile de fond, la destruction de la forêt amazonienne.

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