Télémoustique (Juillet 95)

Interview avec la belle-fille de l'Amérique.

Article paru dans le Télémoustique du 27 Juillet 1995, n° 3626
Rencontre : Sébastien Ministru.

Vous l'avez aimée dans " Speed ", vous l'adorerez dans " While you were Sleeping "

Mon style, ma vie, mon style de vie ou le portrait-découverte de Sandra Bullock alias Sandy pour ses millions d'admirateurs américains qui, de " Speed " à " While you were Sleeping, l ont catapultée au top des actrices les plus demandées. Quand une fille explose, elle le fait aussi dans nos pages : Boum !

Il y a encore un an, Sandra Bullock était surtout connue pour rester inconnue. Un visage parmi d' autres croisé au détour de films dont on se demandait même pourquoi on allait les voir. Conscience professionnelle oblige, Sandra Bullock, à la longue, était devenue un nom plus ou moins repéré par nos services... Même si l'actrice n'avait encore rien commis de grave au cinéma. Ni dans La disparue ( The Vanishing ) où elle avait eu la bonne idée d'accepter le rôle-titre, celui d'une fille qui disparaît quinze minutes après le début du film! Ni dans Demolition Man où son unique performance était de feindre de faire l'amour avec Sylvester Stallone par casques de réalité virtuelle interposées! Ni dans Wrestling Ernest Hemingway, petite production touchante avec Robert Duvall et Shirley MacLaine, que personne n'est allé voir parce qu'elle traite de la vieillesse, un thème anti-cinéma qui n'attire pas le public cinéma. Et puis, il y eu son contraire : Speed. Un film d'action bien intitulé, rapide, rythmé, spectaculaire, jeune, bruyant, conduit par l'une des idoles teenagers les plus en vogue du moment, Keanu Reeves. Un film d'action dont la seule ambition se résumait à n'être qu'un bon film d'action et qui s'est révélé être le meilleur du genre depuis longtemps et l' un des plus gros succès internationaux de l'année dernière.

En explosant partout dans le monde, Speed a aussi incendié la notoriété de Sandra, lui attirant la sympathie du public et l'intérêt de la profession. Le tout disproportionné par rapport à sa valeur sur le marché. Premier film de Jan De Bont, un jeune réalisateur hollandais, Speed n'était pas encore sorti aux Etats-Unis - et personne ne supposait qu'il allait créer un tel phénomène commercial - que Sandra s'engageait dans un nouveau projet - While you were Sleeping. Une comédie romantique pour laquelle le studio ( Hollywood pictures alias Walt Disney ) avait renoncé à Demi Moore, beaucoup trop chère pour le budget de cette oeuvrette qui, une fois la Moore perdue, ne devait pas plus faire parler d'elle. Erreur. Le film allait faire courir toute l'Amérique et, contre toute attente, reproduire l'effet Pretty Woman en faveur de Miss Bullock que les medias appellent, désormais et avec affection, " notre petite Sandy ".

A l'image de son image - simple, naturelle et moderne - Sandra n'est pas descendue dans un palacepour rencontrer, à Londres, les journalistes européens, curieux d'en savoir plus. C'est au Halkin, un petit hôtel au design très sobre et aux couloirs noirs comme les allées d'une boutique de mode japonaise, que Bullock se présente comme la cousine que nous avons tous rêvé d'avoir. Célèbre, mais pas prétentieuse, jolie, mais juste ce qu'il faut pour ne pas énerver nos copines, première de classe mais pas trop... Et comme tout commence toujours autour d'un verre, voyons ce qu'il y a dans celui de Sandy. Iced tea? " Non, c'est du café glacé. Vous en voulez? C'est bon pourtant. Il n'y a pas assez de caféine dans le thé froid. Le café, c'est mieux, cela me donne un coup de fouet plein d'énergie. " Ah, tout de même! Saine et gentille, la gamine, mais speedée-nerveuse.

La cendrillon travailleuse des classes moyennes.

"J'ai peur que le public se lasse de moi"

" J'ai toujours travaillé dur et été fiere de mon travail "

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